Auprès de mon arbre -
Globalement, il était plutôt moche et grincheux.Il se la pétait grave avec son air méprisant et supérieur. Plus de vingt mètres de haut, presqu’autant d’envergure, il était complètement disproportionné par rapport à ce ridicule parterre au milieu duquel il trônait. De toute façon, dans cette maison je trouvais tout moche, mais pas de temps pour en chercher une autre, il fallait vite poser les valises. Il m’a tout de suite fait penser à Ignatius Reilly, le personnage de l’extraordinaire « Conjuration des Imbéciles » de John Kennedy Toole. Un éléphant gigantesque gris perle, asocial, débraillé qui perdait son écorce et ses feuilles bleutées en continu, me salopant la terre et l’allée sans interruption de jour comme de nuit. Un égoïste arrogant qu’il m’a fallu mettre au pas, ce qui nécessita plusieurs tentatives de médiation.