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Affichage des articles associés au libellé Petites histoires vraies ou pas

Auprès de mon arbre -

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Globalement, il était plutôt moche et grincheux.Il se la pétait grave avec son air méprisant et supérieur. Plus de vingt mètres de haut, presqu’autant d’envergure, il était complètement disproportionné par rapport à ce ridicule parterre au milieu duquel il trônait. De toute façon, dans cette maison je trouvais tout moche, mais pas de temps pour en chercher une autre, il fallait vite poser les valises. Il m’a tout de suite fait penser à Ignatius Reilly, le personnage de l’extraordinaire « Conjuration des Imbéciles » de John Kennedy Toole. Un éléphant gigantesque gris perle, asocial, débraillé qui perdait son écorce et ses feuilles bleutées en continu, me salopant la terre et l’allée sans interruption de jour comme de nuit. Un égoïste arrogant qu’il m’a fallu mettre au pas, ce qui nécessita plusieurs tentatives de médiation.

Le Souvenir en Flacon -

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L’autobus bringuebalait sur la route approximative bordée de chaque côté par des amas de lave et de cendres solidifiées à la hauteur de nos yeux écarquillés. Les vagues noires pétrifiées semblaient vouloir envahir l’habitacle et nous engloutir. J’ai pensé que j’étais sur la lune et les joyeux papotages des autres passagers s’étaient tus. Le décor était surnaturel, oppressant et fascinant. Avec Léonie, nous avions besoin de changer d’air, de penser à autre chose depuis la terrible disparition de notre maman adorée. Six mois avant ce 15 septembre 2013, nous étions assises par terre, autour du Mac de Léonie posé sur la table du salon, une tasse de café à la main, en train de faire défiler les offres de séjours tout compris : avion+hôtel+ cocktails +repas+fiesta+musique+moustiques. Un All Inclusive ? Parfait Où ? Lanzarote ? C’est où ? Canaries ? Pourquoi pas ! Connais pas... On prend l ’assurance rapatriement ? Dans l’avion, c’était l’euphorie, nous avions tant pleuré, nous voulions rir...

Mon anniversaire

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Ce que j’ai pensé faire le jour de mon anniversaire : Me délecter de tous les messages d’affection, de souhaits de bonheur et de gages d’amitié que j’ai reçus. Passer tout mon temps à vous lire, à être émue. Ouvrir le joli paquet surprise de mon chéri emballé avec amour. Tatasser avec mes sœurs et programmer un champagne-dessert (sans bougie…pas question d’être incommodé par la chaleur… ) pour fêter l’évènement. Aller déjeuner au bord de la mer et prendre le café à l’extérieur si le soleil pointe son nez comme la météo l’a prévu.

Exercice sur le thème de la force -

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Il y a trois semaines, j'ai perdu mon portefeuille avec ma vie à l’intérieur. C'était un vendredi mais je m’en suis aperçue le dimanche. A ce moment, a commencé un parcours surnaturel où j’ai failli douter de ma santé mentale.   Première étape : chercher partout dans la maison, le jardin, la voiture, au cinéma, dans les poubelles, les pots de fleurs, les toilettes, le frigo… ben oui, pourquoi pas ? Ben non, je n’ai rien retrouvé, mais je m’en moque, je suis forte !

La maison casserole de Loretta

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Moi c'est Loretta, jolie merlette châtaigne au col doré . Je vis la plupart du temps entre le ciel et les arbres du jardin de Joseph. Tous les matins, dès l’aube, avec mon chéri Léopold, un beau brun au bec orangé, nous gazouillons avec allégresse.  Nous célébrons notre joie d’être en vie, d’être libres, de respirer la nature, de sentir la douceur du vent dans nos plumes. Notre hôte c'est Joseph,  un vieux bonhomme un peu ronchon mais qui  imite Léopold à la perfection. Il se joint souvent à nos vocalises tout en nous régalant des restes de ses repas .

Emma -

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E mma est troublée.  El le a remarqué  qu’imperceptiblement , jour après jour,  elle  quittait  le monde , doucement ,  en silence .  Ce soir, elle s’en  est  particulièrement  aperçue.    Avec Hortense, un cocktail à la main , seule façon  possible   d e   terminer  agréablement et honorablement leur  soirée ciné -  resto ,  elles  bavardent ,  papotent avec verve et enthousiasme   ….. de  ce qui est, de ce qui aurait pu être,  de ce qui sera…

Quand l'enfant part -

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Quand il est parti, le dos arrondi sous le poids de son sac à dos, il avait tout juste 18 ans. Je n’avais qu’un exemplaire en stock et je n’avais vraiment pas envie de m’en séparer. Mais voilà, nous lui avions fait une promesse : -   Si tu as ton bac, tu fais ce que tu veux où tu veux Il a retenu la leçon, il a eu son bac et il a dit : - Je pars en septembre... J’ai voulu gagner du temps et j’ai dit : - Tu dois passer ton permis de conduire... Il a dit : ok mais vite fait alors... Il a raté le code, il n’était pas motivé... Il est parti en septembre.

Message du Père Noël à la petite fille -

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Ton truc à toi, petite fille, c’est moi... le Père Noël … Tu adoreras les " et si..." et tu les feras suivre aussitôt  par des « oui mais... ". En réalité tu te sentiras incapable de devenir une vraie personne avec une vraie vie d’adulte à construire. Comme sur la photo, tu auras longtemps besoin d’un genou, d’une épaule ou de l'aile d’un ange gardien pour te porter et te prendre en charge. La notion de "confiance en soi" te sera totalement inconnue.

Nantucket -

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Je vais avoir 40 ans et je veux vivre ! Je ne peux plus supporter ces paumés insomniaques. A leur contact, j’ai l’impression de régresser, de rétrécir  jusqu’à disparaître  dans l’indifférence totale. Quand je fais le service de jour, ça va encore, j’vois des gosses, des familles, des gens qui rient. Je sers des cafés, des sodas, des œufs et des pancakes, je suis en vie. Mais le soir, quand dans la rue le « dîner » est la seule tache de lumière, quand la nuit est si noire qu’on ne distingue plus les chats errants, je ne sais pas si ça se voit mais mes traits s’affaissent, mes yeux et ma bouche pendent, tout mon visage est attiré vers le bas.

John Doe -

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John Doe se meurt. Il est allongé sur son lit, n’a plus la force de se lever, ne sent plus ses membres, sa respiration est sifflante, irrégulière et il sait que son agonie commence. Il se réjouit encore de voir par la fenêtre les trains de marchandises qui défilent dans un bruit assourdissant, entendre encore les sifflets stridents qui déchirent ses tympans.

Villa avec vue -

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Avec un tel panorama sous les yeux le matin et le soir, ma vie de femme de ménage aurait-elle été très différente ? Aurais-je mieux supporté mon dos cassé et mes mains flétries par des années de récurage et de dépoussiérage ? Je crois que oui. Face à la beauté d'un paysage, la mélancolie, l'ennui ou le mal de vivre peuvent s'atténuer, peut-être même se guérir. Dommage que mon Jean soit parti trop tôt. En même temps il n’aimait pas bouger de son jardin ni de notre petite maison mitoyenne à droite, mitoyenne à gauche, avec vue imprenable sur l'impasse, là ou les gamins se chamaillent, crient, font des acrobaties à vélo ou des messes basses au pied des lampadaires. Ce décor lui suffisait, c'était son univers, il ne m'aurait jamais accompagnée dans mon voyage. Avec le temps, je m'étais fait une raison, il avait déteint sur moi, je m’étais fermée au monde, je ne regardais plus à travers les fenêtres. 

L'aventure intérieure -

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Allez ! On ferme tout : les yeux, les oreilles et la bouche. Je suis prête pour revivre mes aventures. Ma mission : me remettre la main dessus. Ben oui, j’ai beau chercher, je ne sais plus où je me suis mise. D’abord, je dois retrouver le dernier endroit où je me suis vue, était-ce : En Tunisie, quand j’ai bu un thé rouge et sucré. A la Réunion, quand j’ai dégusté une minuscule banane cochon cueillie sur l’arbre.

L'instant gratitude -

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Jusque là, ça va. J’aime le contact de ce sable humide sculpté de vagues sinueuses et de petits cratères d’eau tiède où flottent des morceaux d’algues ou des crevettes  microscopiques et transparentes. L’air est chaud, le soleil peine à traverser la grosse grappe de nuages cotonneux et l’atmosphère est lourde. Mais aujourd’hui, c’est décidé, je vais affronter la fraîcheur de l’océan.  

Un drôle de rêve -

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C'est drôle un rêve, j'ai du mal à comprendre que l'on puisse y trouver des explications scientifiques, je pense moi que c'est la récréation du cerveau, tout ce qui y est emmagasiné sort en même temps, sans priorité, sans ordre précis, c'est la grande foire désorganisée, le plus fort piétine le plus faible, tout le monde parle en même temps et c'est très difficile d'y trouver un sens.

Sous le prunier -

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Constance – 2016 On peut dire que je porte bien mon nom… Deux ans que j’attends ça, cet instant précis ou avec ma petite pelle pliable camouflée dans la vieille serviette en cuir marron, héritage de mon grand-père Henri, je vais aller déterrer mon trésor, mon passeport pour une nouvelle vie, une vie sans peur, sans coups, sans humiliations. Le temps est parfait, le ciel est bas, brumeux, une pluie fine et pénétrante traverse le nylon de mon parapluie, me mouille le visage et me fait frissonner, la terre est humide, facile à creuser… Pourtant, un truc cloche, quelque part tout près d’ici il y avait un arbre, mon arbre, un joli prunier que je pillais avec désinvolture mais aussi la bénédiction de François, le propriétaire des lieux à qui je louais une petite maison au bout du champ.

430 et les autres -

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"Courir sur la plage, à l'aube, accompagné du vol des goélands était un plaisir absolu que rien ne pouvait gâcher, ni la pluie, ni les rafales, mais ce matin, son pied buta contre un objet à demi enseveli dans le sable qui faillit l'envoyer au tapis : une bouteille en verre à l'intérieur de laquelle se trouvait une lettre jaunie." Amanda écrit : - « La jambe gauche de Tobias fléchit plus qu’il ne l’aurait voulu lui arrachant un cri de douleur. Ah ! ce satané genou ! L’objet coupable était une bouteille en verre épais avec un bouchon de liège noirci par la houle et certainement un long séjour dans la mer. Quelle poisse, il avait pourtant trouvé un bon rythme de course et sa respiration était régulière. Putain d’arthrose ! Il n’avait même pas quarante ans... »

Les Galettes béchamel-jambon-fromage

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J’aime cuisiner, ça me détend et depuis que je suis  «  retired  »  comme dit ma petite anglaise de belle fille, je mijote, je concocte, je rissole, j’émince, j’épluche, je rôtis, j’assaisonne, je saupoudre…   Entre nous, ces mots « retraitée, retirée » moi ça me fiche le blues, je ne me sens retirée de rien et au contraire, je me sens rapprochée de tout. Donc, ce matin j’avais décidé de faire des galettes béchamel jambon fromage. J’avais profité la veille d’une offre absolument inratable sur un produit que je ne connaissais pas, à savoir un paquet de galettes toutes prêtes à agrémenter selon son envie.

Le pomponnage de Suzie -

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Comme une averse inattendue, un nuage de Jicky de Guerlain inonde la pièce. Léonie et moi sautons de nos chaises pour arriver à capter la brume divine, à imprégner nos cheveux et nos vêtements. Maman n’aime pas trop ça mais c’est un secret entre tante Suzie et nous. A chaque chagrin d’amour, ce qui était fréquent, tante Suzie venait se ressourcer à la maison. Mon père - qui recueillait toujours les âmes en peine de la famille - l’aimait bien ; Après tout c’était sa sœur, mais il la trouvait un peu trop délurée, effrontée, insolente. C’est vrai qu’elle ne passait pas inaperçue avec ses flamboyants cheveux auburn, ses chignons crêpés extravagants, son maquillage voyant et ses robes ultra-sexy.

La Madeleine de Proust -

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  C’est comme si tous les câbles de l’ascenseur de ma vie avaient été sectionnés d’un coup. Il se met à dévaler les étages à toute vitesse et je n’ai rien à quoi me raccrocher. Je tombe inexorablement, la tête la première dans le vide, le corps suit mais il est désarticulé comme un pantin. Voyons... J’étais en train de visiter cette maison, Cora avait tant insisté, il faut dire que c’est une sacrée baraque, presque un petit château et j’ai les moyens de lui offrir.

Le Garçon de l'escalator -

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C’est lui ! d’immenses yeux verts, le même regard pénétrant que son père. Il est ponctuel et a l'air décidé. Moi, je doute et j'ai envie de faire demi-tour. Comment as-tu fait pour me retrouver, j'arrivais presque à vivre sans toi, je dormais mieux, les cauchemars avaient cessé, je respectais le pacte que j'avais signé avec ma culpabilité "Tu peux rester à mes côtés mais tu gardes le silence, tu me fiches la paix".