Mon anniversaire
Ce que j’ai pensé faire le jour de mon anniversaire :
Me délecter de tous les messages d’affection, de souhaits de bonheur et de gages d’amitié que j’ai reçus.
Passer tout mon temps à vous lire, à être émue.
Ouvrir le joli paquet surprise de mon chéri emballé avec amour.
Tatasser avec mes sœurs et programmer un champagne-dessert (sans bougie…pas question d’être incommodé par la chaleur… ) pour fêter l’évènement.
Aller déjeuner au bord de la mer et prendre le café à l’extérieur si le soleil pointe son nez comme la météo l’a prévu.
Et puis glandouiller un peu, je suis à la retraite après tout…
Ce que j’ai fait vraiment :
Message tôt le matin du cabinet d’anesthésie me proposant d’avancer mon rendez-vous à 14h le jour même, plutôt qu’à la date prévue, en l’occurrence trois jours plus tard.
Bon, c’est pour se soigner et en même temps c’est à La Rochelle, 70 kms de chez moi et ç’est au bord de la mer, alors j’accepte.
Je reporte le déjeuner en amoureux au soir.
Avant de monter dans la voiture, mon chéri jette un coup d’œil dans la boîte aux lettres, en sort un petit paquet entouré de plastique noir genre poche poubelle et visiblement ravi, me le tend en me souhaitant encore un bon anniversaire :
« Chouette ! J’ai eu peur que tu ne l’aies pas à temps ! »
Je dis merci, fais un gros bisou mais l’image du joli cadeau enrubanné et fleuri que j’avais en tête se dégonfle comme un ballon. Je pose le paquet sur le siège arrière et nous partons.
Notre route se déroule sous des trombes d’eau. Je remercie la météo et nous arrivons enfin.
Ma consultation chez l’anesthésiste est destinée à vérifier mon aptitude à me faire ouvrir le poignet sans dommages ou effets secondaires la semaine prochaine afin de libérer mon canal carpien qui serait trop à l’étroit.
Malgré une tension un peu haute que j’attribue à ma journée chamboulée, je suis déclarée « apte au bistouri et aux points de suture.
On va dire que c’est une bonne nouvelle. Il faut positiver.
Mais que vois-je ? le soleil pointe une partie du bout de son nez, alors on peut se permettre un petit café devant la mer avant de rentrer.
Ouha ! Mais que c’est beau la mer ! Je suis bien.
J’ai choisi un resto italien pour le soir, c’est nouveau et la carte consultée sur leur site est appétissante. J’ai déjà fait mon choix, je prendrais les « linguines al carbonara » façon Simone Zanoni (célèbre chef cuisinier italien) avec guanciale (jambon exceptionnel parait-i) et parmesan affiné 22 mois.
Une fois installés nous découvrons que le menu a changé. Rien de ce qui est proposé ne me fait envie, je suis si déçue, nous nous excusons et partons.
Nous longeons plusieurs chaînes de brasseries avant de regagner notre auto et en s’arrêtant devant l’une d’elle machinalement pour lire la carte, un jeune homme vient à notre rencontre et nous convie avec tant de talent à venir déguster sa bavette frites salade qu’amusés nous nous laissons tenter.
On ne s’est pas régalé et j’ai pensé à ma succulente soupe de légumes qui m’attendait gentiment dans le frigo mais tous ces jeunes étaient si gentils, si prévenants, si désireux de faire plaisir que je ne regrette pas.
Rien ne s’est passé comme je l’aurais espéré. J’ai ouvert mon cadeau sac poubelle en arrivant à la maison tout en dégustant enfin une petite coupe de champagne destinée à faire couler les frites qui stagnaient dans mon estomac.
« Ouah ! Comme elle est jolie cette petite radio » C’est exactement ce que je voulais, merci mon amour
Quelle belle journée finalement !
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