Exercice sur le thème de la force -
Il y a trois semaines, j'ai perdu mon portefeuille avec ma vie à l’intérieur. C'était un vendredi mais je m’en suis aperçue le dimanche.
A ce moment, a commencé un parcours surnaturel où j’ai failli douter de ma santé mentale.
Première étape : chercher partout dans la maison, le jardin, la voiture, au cinéma, dans les poubelles, les pots de fleurs, les toilettes, le frigo… ben oui, pourquoi pas ? Ben non, je n’ai rien retrouvé, mais je m’en moque, je suis forte !
Donc, faire opposition à la carte bleue et en redemander une autre, ça c’était simple. Déclarer la perte de ma carte d’identité, là j’ai rencontré quelques difficultés. Sur internet, on dit d’aller faire signer un document au commissariat ; Moi, bonne élève, j’y suis allée…
- Mais non madame, on ne s’occupe pas de ça, on a d’autres choses à faire, allez à la Mairie !
Je suis allée à la Mairie :
- Vous avez déclaré la perte au commissariat ?
- Ben non, ils m’ont dit d’aller à la Mairie
- Pfittt ! C’est à nous de tout faire maintenant !
On a bien voulu enregistrer le renouvellement du document, mais ne l’attendez pas avant l’année prochaine ! Aïe ! Heureusement que j’ai un passeport !
Ensuite, refaire la carte vitale. Ça se fait sur Internet et apparemment la commande est bien passée mais j’ai envoyé une photo faite à la hâte où je ressemble à un potimarron. Maintenant je regrette mais l’imprimé est envoyé …
Bien sûr, je n’ai plus de carte CGR avec tous mes points dessus et les cinq places que je venais d’acheter. Pas grave, je suis forte, je regarde sur le site pour la procédure et j’obtiens un code barre à présenter au guichet du ciné. Pas question d’attendre, j’y vais immédiatement. Deux jeunes hommes sont là et ouvrent des yeux de merlan frit en louchant sur le papier.
- C’est quoi ?
- C’est le code barre que vous devez scanner afin de me refaire une carte et de me réattribuer mes places et avantages
- Ah bon ? Mais comment on fait ?
- Ben moi j’en sais rien, c’est vous qui savez normalement
- Tu sais toi ?
Ils se regardent et je décèle une pointe d’agacement devant un problème insoluble qu’ils ne semblent pas avoir envie de résoudre.
Je propose dans un premier temps de scanner le code barre. L’un des deux se lance et non la nouvelle carte ne fonctionne pas. Le deuxième a une illumination et dit que la carte en question n’est pas vierge, alors évidemment bien sûr…
- Et si on prenait plutôt une carte neuve ?
Ça me semble une excellente idée mais je m’abstiens de commentaires, je suis forte et aimable, pas question de m’énerver.
Chouette ! la nouvelle carte fonctionne. Avec des étoiles dans les yeux ils se congratulent mutuellement, ils sont heureux. Moi je récupère le précieux objet et repars vers de nouvelles aventures.
C’est le moment de m’occuper de mes cartes de supermarchés. Justement j’ai des courses à faire chez Leclerc. A l’accueil on me demande mon nom. Je l’épelle et on cherche, on cherche mais pas trace de moi dans leur base de données. Je dis que c’est impossible mais on ne me trouve pas. Et dire que je croyais exister. Bon, tant pis, je survivrai. Et puis je suis forte.
Je rentre chez moi et je constate qu’il ne fait pas très chaud. Ah zut, la chaudière est en panne, mais pourquoi donc, elle est neuve. Quatre techniciens vont se succéder sur quatre jours avec des tas de théories mais un constat commun, « tout est ok à l’intérieur » … D’accord, mais la traitresse refuse de repartir. Il est décidé que ce doit être un problème de plomberie. Ah oui mais c’est la fin de la semaine, il faut attendre la semaine prochaine pour avoir un plombier. Bof, il ne fait pas si froid !
Aujourd’hui à midi, j’ai voulu nous réchauffer en concoctant des lasagnes à la bolognaise. J’ouvre le four pour y caser le plat et là je sens sur mon bras des gouttes d’eau qui tombent du faux plafond. Je réfléchis, il y a je crois une cheminée condamnée à cet endroit, c’est la pluie qui doit rentrer à l’intérieur. J’appelle le propriétaire de la maison mais il faudra attendre la semaine prochaine pour trouver un couvreur. Pas grave, je vais mettre une cuvette et prier pour qu’il ne pleuve pas trop d’ici sa venue.
Nous sommes samedi, la journée n’est pas finie, je vous tiendrai au courant des prochains évènements parce que vous savez ce que disait Michel Audiard, grand dialoguiste du cinéma « Les emmerdes c’est comme les cons, ça vole toujours en escadrille ».
J'ai quand même des ressources, j’ai fait miennes quelques citations :
- Le pire n’est pas obligatoire
- La réponse vient du même endroit que la question
- Toujours faire d’un imprévu une opportunité
Et de toutes façons je m’en fiche… Je suis forte

Commentaires