Billie balaya nerveusement une goutte de sueur sur son front du revers de sa manche. Elle sursauta quand elle vit enfin sortir de la bouche béante aux dents noires en caoutchouc sa valise fluo orange recouverte de gommettes pailletées. Non pas qu’elle aimât se faire remarquer, mais quand il faut attendre que l’aéroport vous régurgite votre bagage parmi des centaines d’autres, il vaut mieux qu’il soit repérable…et elle l’avait repéré. Direction la sortie et les taxis. Avant tout, rejoindre l’hôtel, se détendre, se rafraîchir. Le voyage l’avait épuisée avec ces gosses qui se chamaillaient, couinaient sans arrêt et une mère dépassée. Mais que faisait le père ? Ah non il n’y avait pas de père à l’horizon… Billie leur aurait bien donné un somnifère à chacun mais il paraît qu’on n’a pas le droit… Et dehors ça continuait, la file d’attente était interminable. Tant pis, elle allait se faire huer mais elle monta dans le premier taxi, ferma rapidement la porte et donna illico l’adresse au c...
Elle me donne le vertige à force de me faire tourner de haut en bas et de bas en haut. Je sens bien qu’elle est nerveuse, irritée, bouleversée, dévastée. Il est vrai que se faire larguer par son mari au bout de trente ans de mariage pour partir avec la meilleure amie de sa fille, ç’est plutôt dur à avaler. Moi, petite bague de trois francs six sous en faux or et faux diamant, toujours à son doigt en souvenir de sa demande si romantique, je sens que je vais être malmenée.
C’est lui ! d’immenses yeux verts, le même regard pénétrant que son père. Il est ponctuel et a l'air décidé. Moi, je doute et j'ai envie de faire demi-tour. Comment as-tu fait pour me retrouver, j'arrivais presque à vivre sans toi, je dormais mieux, les cauchemars avaient cessé, je respectais le pacte que j'avais signé avec ma culpabilité "Tu peux rester à mes côtés mais tu gardes le silence, tu me fiches la paix".
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